Semi Marathon de Paris (Fitbit) Philippe Tumo

Nom : Tumo

Prénom: Philippe

Temps : 1:55:00

07 :30 : Tout est calme aux abords de l’entrée du RER, seul le grincement de l’escalator annonce un semblant de vie. Je m’engouffre dans cette bouche béante où seulement quelques gens de l’aube ou de la nuit apparaissent, pour certains les traits tirés et pour d’autres les yeux rougis d’une nuit agitée. J’ai l’impression de revenir 30 ans en arrière, quand je rentrais au petit matin, transpirant de fatigue et de substance vaporeuse ….. Une bouffée d’air accompagnée d’un crissement annonce l’arrivée de la rame.

07 : 34 : Je me retrouve seul avec mon sac et mes pensées : pas de crampes, pas de déchirure musculaire, pas de départ précipité, prendre tranquillement son rythme sans s’occuper de ceux qui ont les jambes qui s’enflamment. Je sombre doucement dans le silence et regarde sans regarder le monde autour de moi qui commence doucement à sortir de l’aube. Encore 25 mn de trajet puis 20 mn de marche : le temps ne passe plus, pourtant les minutes filent à leur rythme de croisière. Les wagons se remplissent au fur et à mesure que nous approchons. La majorité des voyageurs sont des runneurs qui viennent s’éclater seul ou en bande.

08 : 05 : C’est tête baissée et haut les cœurs que je décide de suivre les courageux qui vont vers le lieu de rassemblement : place du château de Vincennes. Hélas, il ne fait pas chaud et les prévisions météo ne sont guère réjouissantes. Mais pour l’instant, ciel gris, sans pluie. Après un tour de place, je signale aux Barjots que je suis arrivé. Le temps de me préparer et je rencontre Alex, frigorifiée et pimpante. Quelques échanges plus tard, nous décidons de nous séparer et de rejoindre nos SAS respectifs. Nous nous encourageons et prions ensemble pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête. SAS de -2H : tel des gladiateurs, nous nous entassons dans l’arène tandis que nos regards se perdent à droite et à gauche sans point précis. 1H d’avance et les gouttes annoncées font leur apparition. Les grilles des différents SAS s’entrouvrent une par une et libèrent des marées humaines qui ont le même but que nous : rallier l’arrivée. Le speaker qui, malgré le froid, essaie de réchauffer les esprits. Mais rien à faire, je suis transi, trempé, les jambes engourdies par cette météo hivernale mais ne pas écouter son corps et penser à autre chose.

10 :10 : la ligne de départ est à nous. Nous prenons possession des lieux à petits pas cadencés. Des chauffeurs musculaires, installés sur leur tribune, nous font faire quelques petits exercices afin de décontracter nos muscles engourdis. Le froid est installé et persiste dans ma chair. Enfin, la liberté.. Je pars à mon rythme, doublé de toute part par des affamés du temps et du bitume. Mes mollets me font souffrir et sont ankylosés. Ils doivent absolument se réchauffer. Petit à petit, je règle mon allure et les kms défilent. Les rues sont vivantes, animées par des orchestres installés pour l’occasion. A travers ces sons de Jazz, nous sommes encouragés par des spectateurs qui scandent votre prénom (ils sont inscrits sur le dossard) quand vous passez : c’est chaleureux et rien de plus beaux pour motiver la tête et les jambes. Je ne m’arrête pas aux premier ni au second ravitaillement ( 4 et 9ème kilomètres). Je trace ma route et me surprend dans ma moyenne mais mes jambes me font toujours souffrir. Je m’engage sur les quais de seine parsemés de montées et de descente. Le vent est le plus souvent de face et cette pluie qui vous cingle le visage, cette pluie qui vous trempe jusqu’aux os. Arrive la montée de DAUSMESNIL. Alex m’a briffé à son sujet pendant notre petite entrevue : longue et cassante. Je ralentis et la grimpe avec souffrance mais ne lâche pas. Normalement après une montée, il y a une descente. Donc je récupérerais en descendant. J’avance en me demandant si les organisateurs n’ont pas cachés les panneaux de kilométrages. Il me semble de plus en plus espacés et me retrouve sans repère. Le bois de Vincennes avec son ravitaillement du 16è km.. Je prends une petite bouteille tendue qui m’est tendue avec un visage souriant et un morceau de banane qui s’ennuyait avec ses congénères sur son étal. Comme je n’arrive pas à boire en courant, je marche pendant quelques minutes, le temps de me désaltérer et de me restaurer. Je repars. Il ne pleut plus mais le vent est toujours présent. Le panneau du 20è puis l’arche d’arrivée qui se trémousse au grès du vent se trouve dans mon champ de vision. Je décide d’accélérer un peu. Ma tête est d’accord mais mes jambes ont décidé de la contrarier. Je franchis la ligne, trempé, frigorifié mais satisfait et réjouis de tous ces bravos qui vous font oublier les petits bobos. Je regarde mon chrono : 1h55 : contrat rempli. Mais le plus important reste la participation, l’engagement sans prise de tête. Nous sommes tous égaux devant l’effort, chacun domptant la souffrance à sa manière. Nous les RUNNERS du dimanche, nous nous faisons plaisir et donnons de la joie et du sourire aux petits et grands spectateurs d’un jour. Ce serait mentir de dire que je n’ai pas souffert mais peu importe car demain sera un autre jour et ce Semi deviendra souvenir…. La vie continue et l’entrainement reprend ….. Je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures barjottes.

PH.

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